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Aloïta - À la rencontre d’un peuple racine, Île de Siberut - Indonésie. Photographies réalisées en immersion au cours de différents séjours de juillet 2017 à mars 2020.


Le voyage m'emmène sur un sentier lacéré par la végétation, les lianes s'enchevêtrent puis c'est la jungle humide et marécageuse, le sentier s'efface. Suivre les traces de mon guide, le souffle haletant, mes pas s'accélèrent. J'esquive les racines, les fourmis carnivores et les sangsues qui s'accrochent sournoisement au moindre centimètre de peau. Jour après jour, l'instinct s'affute et le corps s'adapte à ce milieu hostile.


Sur l'île de Siberut en Indonésie, de petites communautés traditionnelles de chasseurs-cueilleurs vivent encore de manière relativement autonome. Ces hommes et femmes relèvent d'un enseignement et d'une adaptation à la forêt, y puisant une grande partie de leurs ressources. Les relations ancestrales tissées entre les humains et les non humains -les plantes, les animaux et les esprits- ont engendré une écologie de la forêt permettant de maintenir l'équilibre entre cet écosystème vert et les hommes qui y vivent.


Les images sont réalisées essentiellement dans la forêt et la jungle d'altitude, domaines de l'imaginaire par excellence, territoires de mythes et de croyances - notamment à Siberut où le rituel est toujours vivant.


Mes photographies en décalage avec l'image ethnographique traditionnelle sur fond noir, questionnent la représentation du paysage et la place de l'homme dans la nature. Le complexe ombre - lumière accroît la métamorphose du paysage, la forêt s'illumine restituant sa place au merveilleux, la fiction s'installe. La forêt devient un décor. Empruntant aux registres du conte et de l'allégorie, mes images racontent des lieux et des personnages à la dimension symbolique forte, en étroite relation avec la nature, faisant écho à nos imaginaires respectifs.


Mon langage photographique se situe à l'intersection de la fiction et du réel, entre le document et quelque chose de plus cinématographique, mystérieux et intrigant.


La vie semble s'exprimer sans entrave, scènes de vie, rêveries en forêt, situations de chasse et de cueillette, rappelant le second récit du mythe de la création, réminiscence d'un âge d'or. Pourtant dans ces scènes de chasse, nul animal tapis dans la végétation. Ces vues pittoresques et décors de jungle seraient-ils des artefacts, rideaux de scène, papiers peints manufacturés imitant des fonds de nature sous couvert d'exotisme, décors de studio pour films d’aventure? On s'en prend à douter...Les esprits de la forêt auraient-ils eux recours à quelques artifices ?


À travers la forêt luxuriante, je suis les traces de mon guide.

Olivia Lavergne - Mai 2020

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